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1 juillet 2010 4 01 /07 /juillet /2010 12:52

Ma pauvre muse, hélas! qu'as-tu donc ce matin?
Tes yeux creux sont peuplés de visions nocturnes,
Et je vois tour à tour réfléchis sur ton teint
La folie et l'horreur, froides et taciturnes.

Le succube verdâtre et le rose lutin
T'ont-ils versé la peur et l'amour de leurs urnes?
Le cauchemar, d'un poing despotique et mutin,
T'a-t-il noyée au fond d'un fabuleux Minturnes?

Je voudrais qu'exhalant l'odeur de la santé
Ton sein de pensers forts fût toujours fréquenté,
Et que ton sang chrétien coulât à flots rythmiques,

Comme les sons nombreux des syllabes antiques,
Où règnent tour à tour le père des chansons,
Phœbus, et le grand Pan, le seigneur des moissons.

Charles Baudelaire

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Published by Asphodèles etc. - dans XVIIIème siècle
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commentaires

rosae68100.over-blog.com 17/03/2011 22:52


Sublime! amitié dominique


Asphodèles etc. 19/03/2011 22:29



C'est bien quand on est poète de pouvoir plaindre sa muse malade!



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