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14 novembre 2010 7 14 /11 /novembre /2010 21:32

Pour les fiançailles d'amour
Des peuples redevenus frères
Les hommes construiront un jour
Par dessus continents et mers
Par dessus rives et rivières
Un pont sans arches ni piliers
Un pont qui tiendra dans les airs
Sans aide aucune à rien lié
Comme un grand arc-en-ciel de pierre
Qui fera le tour de la terre

Marcel Béalu

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28 octobre 2010 4 28 /10 /octobre /2010 09:14

Poésie, amalgame de mots
Qui ne sonnent pas faux.
Poésie, parfois de bons mots,
Et, pourtant, comme il faut!
Poésie, extase, admiration,
Poésie, emphase et passion!
Poésie, atmosphères, descriptions!
Amusettes et distractions !
Poésie, trop-plein du subconscient,
En des termes souvent balbutiants;
Hésitation, reprise, maintien de la rime,
Pirouettes de langage parfois sublimes!
Poésie, martellement de mots,
Pour souligner de gros maux
Ou pour décrire, chanter le beau,
En des termes parfois cabots
Et qui pourtant emballent chacun,
Touchent les cœurs, c’est certain!
Poésie! Poésie! Poésie!
Sans toi tout est fade!
Poésie! Poésie! Poésie!
Ne me laisse pas en rade!
Poésie, parle en moi et distille tes mots,
Poésie, guide ma plume comme celle d’un marmot.
Et comme le ferait l’habile pinceau,
Met dernière touche à ce tableau!...

Louis Vadmeet
http://louis-vadmeet.over-blog.com/

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27 octobre 2010 3 27 /10 /octobre /2010 21:47

Dans la plaine les baladins
S'éloignent au long des jardins
Devant l'huis des auberges grises
Par les villages sans églises

Et les enfants s'en vont devant
Les autres suivent en rêvant
Chaque arbre fruitier se résigne
Quand de très loin ils lui font signe

Ils ont des poids ronds ou carrés
Des tambours des cerceaux dorés
L'ours et le singe animaux sages
Quêtent des sous sur leur passage

Guillaume Apollinaire

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27 octobre 2010 3 27 /10 /octobre /2010 21:38

Un homme dit: " Parle-nous de la Connaissance de soi"
Il répondit:
"Vos cœurs connaissent en silence les secrets des jours et des nuits.
Mais vos oreilles se languissent d'entendre la voix de la connaissance en vos cœurs.
Vous voudriez savoir avec des mots ce que vous avez toujours su en pensée.
Vous voudriez toucher du doigt le corps nu de vos rêves.

Et il est bon qu'il en soit ainsi.
La source secrète de votre âme doit jaillir et couler en chuchotant vers la mer,
Et le trésor de vos abysses infinis se révéler à vos yeux.
Mais qu'il n'y ait point de balance pour peser votre trésor inconnu,
Et ne sondez pas les profondeurs de votre connaissance avec tige ou jauge,
Car le soi est une mer sans limites ni mesures.

Ne dites pas: "J'ai trouvé la vérité", mais plutôt : "J'ai trouvé une vérité".
Ne dites pas: "J'ai trouvé le chemin de l'âme". Dites plutôt: "J'ai rencontré l'âme marchant sur mon chemin".
Car l'âme marche sur tous les chemins.
L'âme ne marche pas sur une ligne de crête, pas plus qu'elle ne croît tel un roseau.
L'âme se déploie, comme un lotus aux pétales innombrables."

Khalil Gibran

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9 octobre 2010 6 09 /10 /octobre /2010 21:54

Ventre offert, elle glisse le long des rondeurs
de leur lune creuse
Elle avale, bouche en proue, tous les cristaux des neiges
lavant son regard presque né.
Et disparaît distillée de nuit.
C'est l'ombre blonde qui l'enduit de mystère.

Il détache d'un citron un zeste d'or,
coupe de foudre,
presse un caillou promis aux ondes
entre ses doigts écarquillés.
Puis, berce le bol de leurs paumes
Encore une perle de fleuve d'oranger.

Et ils boivent, d'un même mouvement penché
Des étoiles s'allument sur leur peau d'univers
Pour les habiller de pépites
Incandescence.

Puis ils s'en repartent, chacun, vers un demain
semant l'effluve de leur ivresse,
quelques pétales de rose thé.

Florence Noël

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2 octobre 2010 6 02 /10 /octobre /2010 22:50

Tu portais dans ta voix comme un chant de Nerval
Quand tu parlais du sang jeune homme singulier
Scandant la cruauté de tes vers réguliers
Le rire des bouchers t'escortait dans les Halles

Parmi les diables chargés de chair tu noyais
Je ne sais quels chagrins Ou bien quels blue devils
Tu traînais au bal derrière l'Hôtel-de-Ville
Dans les ombres koscher d'un Quatorze-Juillet

Tu avais en ces jours ces accents de gageure
Que j'entends retentir à travers les années
Poète de vingt ans d'avance assassiné
Et que vengeaient déjà le blasphème et l'injure

Tu parcourais la vie avec des yeux royaux
Quand je t'ai rencontré revenant du Maroc
C'était un temps maudit peuplé de gens baroques
Qui jouaient dans la brumes à des jeux déloyaux

Debout sous un porche avec un cornet de frites
Te voilà par mauvais temps près de Saint-Merry
Dévisageant le monde avec effronterie
De ton regard pareil à celui d'Amphitrite

Enorme et palpitant d'une pâle buée
Et le sol à ton pied comme au sein nu l'écume
Se couvre de mégots de crachats de légumes
Dans les pas de la pluie et des prostituées

Et c'est encore toi sans fin qui te promènes
Berger des longs désirs et des songes brisés
Sous les arbres obscurs dans les Champs-Elysées
Jusqu'à l'épuisement de la nuit ton domaine

Oh la Gare de l'Est et le premier croissant
Le café noir qu'on prend près du percolateur
Les journaux frais les boulevards pleins de senteur
Les bouches du métro qui captent les passants

La ville un peu partout garde de ton passage
Une ombre de couleur à ses frontons salis
Et quand le jour se lève au Sacré-Coeur pâli
Quand sur le Panthéon comme un équarissage

Le crépuscule met ses lambeaux écorchés
Quand le vent hurle aux loups dessous le Pont-au-Change
Quand le soleil au Bois roule avec les oranges
Quand la lune s'assied de clocher en clocher

Je pense à toi Desnos qui partis de Compiègne
Comme un soir en dormant tu nous en fis récit
Accomplir jusqu'au bout ta propre prophétie
Là-bas où le destin de notre siècle saigne

Je pense à toi Desnos et je revois tes yeux
Qu'explique seulement l'avenir qu'ils reflètent
Sans cela d'où pourrait leur venir ô poète
Ce bleu qu'ils ont en eux et qui dément les cieux

Louis Aragon

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30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 21:32

Homme en cinq lettres
Portant hache en tête
Terminé par un œud
Sur fond blême
Echafaudage échaudé
De jambages
Hormone étriquée
D'os douteux
Agile assemblage
D'air et d'ennemis
Au milieu
Comme une pomme
Assommée sur l'arbre
avant de tomber
sur la terre écrasée
Ecartelée entre deux
gens d'arbres
Homme unique
Uni par le cu-
rieux visage
de tes vagues
au plus haut con-
fluent des nuages
magma d'âmes incomplètes
et de viandes muettes
ô acheteur de haine
et d'amour briseur d'eau
Homme en un mot.

André Frédérique

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24 septembre 2010 5 24 /09 /septembre /2010 21:06

Les putains de Marseille ont ses sœurs océanes
Dont les baisers malsains moisiront votre chair.
Dans leur taverne basse un orchestre tzigane
Fait valser les péris au bruit lourd de la mer.

Navigateurs chantant des refrains nostalgiques,
Partis sur la galère ou sur le noir vapeur,
Espérez-vous d'un sistre ou d'un violon magique
Charmer les matelots trop enclins à la peur?

La légende sommeille altière et surannée
Dans le bronze funèbre et dont le passé fit son trône
Des Argonautes qui voilà bien des années
Partirent conquérir l'orientale toison.

Sur vos tombes naîtront les sournois champignons
Que louangera Néron dans une orgie claudienne
Ou plutôt certain soir les vicieux marmitons
Découvriront vos yeux dans le corps des poissons.

Partez ! harpe éolienne gémit la tempête...

Chaque fois qu'une vague épuisée éperdue
Se pâmait sur le ventre de l'esquif
Castor baisait Pollux chastement attentif
A l'appel des alcyons amoureux de la nue.

Ils avaient pour rameur un alcide des foires
Qui depuis quarante ans traînait son caleçon
De défaites payées en faciles victoires
Sur des nabots ventrus ou sur de blancs oisons.

........................................................................

Une à une agonie harmonieuse et multiple
Les vagues sont venues mourir contre la proue.
Les cygnes languissants ont fui les requins bleus
La fortune est passée très vite sur sa roue.

Les cygnes languissants ont fui les requins bleus
Et les perroquets verts ont crié dans les cieux.
- Et mort le chant d'Eole et de l'onde limpide
Lors nous te chanterons sur la lyre ô Colchide.

Un demi-siècle avant une vieille sorcière
Avait égorgé là son bouc bi-centenaire.
En restait la toison pouilleuse et déchirée
Pourrie par le vent pur et mouillée par la mer.

- Médée tu charmeras ce dragon venimeux
Et nous tiendrons le rang de ton bouc amoureux
Pour voir pâmer tes yeux dans ton masque sénile;
O! tes reins épineux ô ton sexe stérile.

Ils partirent un soir semé des lys lunaires.
Leurs estomacs outrés teintaient tels des grelots.
Ils berçaient de chansons obscènes leur colère
De rut inassouvi en paillards matelots...

Les devins aux bonnets pointus semés de lunes
Clamaient aux rois en vain l'oracle ésotérique
Et la mer pour rançon des douteuses fortunes
Se parait des joyaux des tyrans érotiques.

- Nous reviendrons chantant des hymnes obsolètes
Et les femmes voudront s'accoupler avec nous
Sur la toison d'or clair dont nous ferons conquête
Et les hommes voudront nous baiser les genoux.

Ah! La jonque est chinoise et grecque la trirème
Mais la vague est la même à l'orient comme au nord
Et le vent colporteur des horizons extrêmes 
Regarde peu la voile où s'asseoit son essor.

Ils avaient pour esquif une vieille gabarre
Dont le bois merveilleux énonçait des oracles.
Pour y entrer la mer ne trouvait pas d'obstacle
Premier monta Jason s'assit et tint la barre.

Mais Orphée sur la lyre attestait les augures;
Corneilles et corbeaux hurlant rauque leur peine
De l'ombre de leur vol rayaient les sarcophages
Endormis au lointain de l'Egypte sereine.

J'endormirai pour vous le dragon vulgivague
Pour prendre la toison du bouc licornéen.
J'ai gardé de jadis une fleur d'oranger
Et mon doigt portera l'hyménéenne bague.

Mais la seule toison traînée par un quadrige
Servait de paillasson dans les cieux impudiques
A des cyclopes nus couleur de prune et de cerise
Hors nul d'entre eux ne vit le symbole ironique.

- Oh ! les flots choqueront des arêtes humaines
Les tibias des titans sont des ocarinas
Dans l'orphéon joyeux des stridentes sirènes
Mais nous mangerons l'or des juteux ananas.

Car nous incarnerons nos rêves mirifiques
Qu'importe que Phœbus se plonge sous les flots
Des rythmes vont surgir ô Vénus Atlantique
De la mer pour chanter la gloire des héros.

Ils mangèrent chacun deux biscuits moisissants
Et l'un d'eux psalmodia des chansons de Calabre
Qui suscitent la nuit les blêmes revenants
Et la danse macabre aux danseurs doux et glabres.

Ils revinrent chantant des hymnes obsolètes
Les femmes entr'ouvrant l'aisselle savoureuses
Sur la toison d'or clair s'offraient à leur conquête
Les maris présentaient de tremblantes requêtes
Et les enfants baisaient leurs sandales poudreuses.

- Nous vous ferons pareil au vieil Israélite
Qui menait sa nation par les mers spleenétiques
Et les Juifs qui verront vos cornes symboliques
Citant Genèse et Décalogue et Pentateuque
Viendront vous demander le sens secret des rites.

Alors sans gouvernail sans rameurs et sans voiles
La nef Argo partit au fil des aventures
Vers la toison lointaine et chaude dont les poils
Traînaient sur l'horizon linéaire et roussi.

- Va-t-en, va-t-en, va-t-en qu'un peuple ne t'entraîne
Qui voudrait le goujat, fellateur clandestin
Au phallus de la vie collant sa bouche blême
Fût-ce de jours honteux prolonger les destin!

Robert Desnos

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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 14:51

Baudelaire ou Debussy
Dans les toilettes d'un café
Où je ne fais que de passer
Je lis quelques graffiti
Je n'les comprends pas toujours
Même s'ils parlent d'amour
Encore moins s'ils sont obscènes
Pleins de fureur et de haine
Y'a des ballons des saucisses
Une adresse à Saint-Tropez
Y'a des culs et y'a des cuisses
Et des onomatopées
Des numéros de téléphone
Je suce bien j'm'appelle Yvonne
Des poèmes inachevés
La plage est sous les pavés
Des Baudelaire anonymes
Trafiquants de cocaïne
Ont dessiné leur douleur
Une flèche qui perce un cœur
Y'en a en rouge et en bleu
Y'a des mots d'amour d'espoir
Y'a des trucs simples et affreux
Comme ceci le ciel est noir
Des excréments des serments
On est cerné par les cons
Et veut-on un monde nouveau
Y'a une salope rue Vanneau
Un sexe en forme de serpent
Un sexe en forme de machine
Une jeune femme cherche un amant
Un jeune homme aime Lénine
Les prénoms de trois voyous
Jacky Marcel et Simon
I want to be fucked by you
Un 6 et un 9 tout ronds
Je ne les ai pas tous lus
Même s'ils me parlent d'amour
Même s'ils me parlent de cul
Ils sont en moi pour toujours.

Serge Gainsbourg

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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 14:46

Le feu: jolis poissons rouges,
Endormait le chat fermé.
Si, par mégarde, je bouge,
Le chat peut se transformer.

Il ne faut jamais que cesse
Le rouet des vieilles tours;
Car se changer en princesse
Est le moindre de ses tours.

Jean Cocteau

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