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30 décembre 2009 3 30 /12 /décembre /2009 17:28
Quand Rossignol en amour
Chante la nuit et le jour,
Suis avec ma belle amie,
Sous la fleur,
Et le guetteur de la tour,
S'écrie : Amants, levez vous,
Voici l'Aube et le jour clair !

(D'un troubadour anonyme)
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Published by Asphodèles etc. - dans Moyen-Age
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30 décembre 2009 3 30 /12 /décembre /2009 17:21
L'éléphant qui n'a qu'une patte
A dit à Ponce-Pilate
Vous êtes heureux d'avoir deux mains
Ca doit vous consoler d'être Consul Romain.

Tandis que moi sans canne et sans jambe de bois
Je suis comme un héron et jamais je ne cours et jamais je ne bois.
Et je ne parle pas des soins qu'il me faut prendre
Pour monter l'escalier qui conduit à ma chambre.

J'aimerais tant laver mes mains avec un savon rose
Avec du Palmolive avec du Cadum
Car il faut être propre et ne plus me laver
Et j'ai l'air ridicule debout sur le pavé.

Je n'ai pour consoler cette tristesse affreuse
Que ma trompe pareille aux tuyaux d'incendie
Et si je mets le pied dans le plat
Il y reste et l'on ne peut le manger à la sauce poulette.

Plaignez Ponce-Pilate, plaignez cette misère
Il n'y en a pas de plus grande sur terre
Vous êtes bien heureux de laver vos deux mains
Ca doit vous consoler d'être Consul Romain.

Robert Desnos   
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Published by Asphodèles etc. - dans XXème siècle
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30 décembre 2009 3 30 /12 /décembre /2009 17:00
L'anémone qui régnait sur la mer
Règne encore c'est entendu
Mais si peu, elle est perdue
Elle est perdue au fond des mers
Elle se souvient de ses diamants
suspendus à l'arc-en-ciel
suspendus dans la rosée
et les huîtres bâillent à l'entour
pour lui offrir des perles
mais l'anémone qui régnait sur la mer
ne règne prsque plus et l'ancre de fer
l'a mordue cruellement
et elle mourra bientôt

Robert Desnos
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Published by Asphodèles etc. - dans XXème siècle
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30 décembre 2009 3 30 /12 /décembre /2009 16:55
Quand, les deux yeux fermés, en un soir chaud d'automne,
Je respire l'odeur de ton sein chaleureux,
Je vois se dérouler des rivages heureux
Qu'éblouissent les feux d'un soleil monotone ;

Une île paresseuse où la nature donne
Des arbres singuliers et des fruits savoureux ;
Des hommes dont le corps est mince et vigoureux,
Et des femmes dont l'œil par sa franchise étonne.

Guidé par ton odeur vers de charmants climats,
Je vois un port rempli de voiles et de mâts
Encor tout fatigués par la vague marine,

Pendant que le parfum des verts tamariniers,
Qui circule dans l'air et m'enfle la narine,
Se mêle dans mon âme au chant des mariniers.

Charles Baudelaire
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Published by Asphodèles etc. - dans XIXème siècle
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30 décembre 2009 3 30 /12 /décembre /2009 16:50
Ce ne seront jamais ces beautés de vignettes,
Produits avariés, nés d'un siècle vaurien,
Ces pieds à brodequins, ces doigts à castagnettes,
Qui sauront satisfaire un cœur comme le mien.

Je laisse à Gavarni, poète des chloroses,
Son troupeau gazouillant de beautés d'hôpital,
Car je ne puis trouver parmi ces pâles roses
Une fleur qui ressemble à mon rouge idéal.

Ce qu'il faut à ce cœur profond comme un abîme,
C'est vous, Lady Macbeth, âme puissante au crime,
Rêve d'Eschyle éclos au climat des autans ;

Ou bien toi, grande Nuit, fille de Michel-Ange,
Qui tors paisiblement dans une pose étrange
Tes appas façonnés aux bouches des Titans!

Charles Baudelaire
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Published by Asphodèles etc. - dans XIXème siècle
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30 décembre 2009 3 30 /12 /décembre /2009 16:45
Mon cheval arrêté sous l'arbre plein de tourterelles, je siffle un sifflement si pur, qu'il n'est promesses à leurs rives que tiennent tous ces fleuves. Feuilles vivantes au matin sont à l'image de la gloire...
Et ce n'est point qu'un homme ne soit triste, mais se levant avant le jour et se tenant avec prudence dans le commerce d'un vieil arbre,
appuyé du menton à la dernière étoile,
il voit au fond du ciel de grandes choses pures qui tournent au plaisir.
Mon cheval arrêté sous l'arbre qui roucoule, je siffle un sifflement plus pur...
Et paix à ceux qui vont mourir, qui n'ont point vu ce jour.
Mais de mon frère le poète, on a eu des nouvelles. Il a écrit encore une chose très douce. Et quelques-uns en eurent connaissance.

Saint John Perse
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Published by Asphodèles etc. - dans XXème siècle
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30 décembre 2009 3 30 /12 /décembre /2009 16:37
Dans la chambre de son corps
Elle avait tendu un grand sourire pâle
Une lanterne rose sur la joue du soir
Puis avait touché le bas des portes
Aspiré le souffle des couloirs
Dans son ventre.
Demain il se souviendrait de l'odeur des pas
Murmurés sur la moquette
Et des grands partir des fenêtres
Battant la coulpe des orages.

Un affolement de lucioles
Envahissait son plafond
distendu entre l'aile et son ombre
Le cosmos est si vaste et j'ai si peu de mur
Mais elles danseraient quelques galaxies courbes
Comme une valse pourpre
Dans l'aura d'un visage.

Elle s'inventait un asile doux
Une geste d'éveil à écrire d'un seul cil
Son très éreintant voyage immobile
Lécher une plume dans le sens du vol
Pourfendre le soleil
Déployer un cri sur l'étendue d'une bouche.

Une caravelle apprivoisait ses mèches
Jetées ça et là sur son front de Bengale
Et des enfants se partageaient ses prunelles
Bougies sur le boisseau du jour.
Demain, il ne resterait que cendre éventée
Petite main de désir
Déglaçant l'oreiller
D'un revers de sommeil.

Florence Noël
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30 décembre 2009 3 30 /12 /décembre /2009 15:46
Femme nue, femme noire
Vêtue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beauté
J'ai grandi à ton ombre ; la douceur de tes mains bandait mes yeux
Et voilà qu'au cœur de l'Eté et de Midi,
Je te découvre, Terre promise, du haut d'un haut col calciné
Et ta beauté me foudroie en plein cœur, comme l'éclair d'un aigle
Femme nue, femme obscure
Fruit mûr à la chair ferme, sombres extases du vin noir, bouche qui fais lyrique ma bouche
Savane aux horizons purs, savane qui frémis aux caresses ferventes du Vent d'Est
Tamtam sculpté, tamtam tendu qui gronde sous les doigts du vainqueur
Ta voix grave de contralto est le chant spirituel de l'Aimée
Femme noire, femme obscure
Huile que ne ride nul souffle, huile calme aux flancs de l'athlète, aux flancs des princes du Mali
Gazelle aux attaches célestes, les perles sont étoiles sur la nuit de ta peau.
Délices des jeux de l'Esprit, les reflets de l'or ronge ta peau qui se moire
A l'ombre de ta chevelure, s'éclaire mon angoisse aux soleils prochains de tes yeux.
Femme nue, femme noire
Je chante ta beauté qui passe, forme que je fixe dans l'Eternel
Avant que le destin jaloux ne te réduise en cendres pour nourrir les racines de la vie.

Léopold Sedar Senghor
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Published by Asphodèles etc. - dans XXème siècle
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