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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 22:23
Quand la Mélie a fut en âge d'être mariée, sa mère, la notairesse a c'mensit à donner des soirées.

Or, ce soir là i fut convenu qu'on inviterait les trois galants du pays capables de remplacer le père dans sa notairerie et que la Mélie choisirait c'tila qui li plairait le mieux.

Le salon fut rappropri n'y a pas mieux, le pavé ben rougi et ciré, les landiers de cuivre fourbis, fourbis. Sus le piano un grous bouquet de monnaie du pape avec des dalhias en papier doré - travail de la Mélie. - Sous le globe de la pendule des p'tits oiseaux en verre soufflé - souvenir d'un voyage en Italie - et dans n'un biau câdre un autre travail de la Mélie, quand elle était en pension, qui consistait en un alphabet sus un canevas avec des chiffres et d'autres petites pétasseries. La calapé et les chères étint alignés les long des meus à l'exception d'un biau fauteu voltaire en tapisserie garni d'un couessin de soie en piume d'oison brodé qu'était au coin d'la cheminée.

V'la qu'à huit heures tous les invités i zarrivant.

Le premier galant, M. Chaudemanche qu'avait teu à Paris i fit un grand salut d'cérémonie et bisit la main à la notairesse qui li fit signe de s'assir dans le fauteu; mais i n'voulut point et prit eune chère. Il en fut de même du second qu'alla s'assir sus un coin du calapé à coûté du notaire.

Mais quand le troisième galant - le petit Courdousi - il entrit, il avisit tout de suite le voltaire, au coin du feu et s'enfoncit d'eune bédée dans le biau couessin brodé.

La Mélie a s'assit au piâno et chantit "Les noces de Jeannette" : "Parmi tant d'amoureux zempressés za me plaire".
Et v'la qu'à dix heures, tout le monde se levit, car la marraine de la Mélie qu'était d'la soirée à s'en allait. Elle avait yu eune frayeur dans sa jeunesse, d'un bonhomme en paille appadencé dans n'un guinier pour faire peux aux oisiaux, un soi qu'a rentrait de l'oraison, et depuis ce temps là, ça li prenait toujours à la même heure.

Enfin quand tous les invités i furent partis : "Eh ben! ma Mélie, dit le notaire, de quai qu'tas décidé, t'as pourtant yu le lési de choisi ?"

"Ma finte oui, c'est le petit Courdousi que je prends parce qu'en arrivant i n'a point fait de manières, il a zieuté la bonne place dans le voltaire au coin du feu, j'me sais dit: v'la un homme de précaution, i prend soin de son postérieur, il aura soin aussi du mien."

Huit jous après les bancs ils étaient affichés.

Déan-Laporte

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Published by Asphodèles etc. - dans XXème siècle
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commentaires

Hélène, le-calame-et-la-plume. 12/03/2010 00:30


Hilarant!
Il me semble, en toute bonne foi,
Qu'la Mélie, pardi, a fait le bon choix!


Asphodèles etc. 12/03/2010 18:19


N'est-ce pas? Merci de votre visite!


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